Les composés organiques volatils (COV)

Une pollution invisible

Les composés organiques volatils, ou COV, sont des gaz ou vapeurs qui contiennent du carbone et de l’hydrogène, qui s’évaporent à la température ambiante. Il en existe plusieurs centaines: ils sont soit issus de produits naturels, comme par ex. l’essence de térébenthine, soit de la pétrochimie. Ils entrent dans la composition de produits courants comme les peintures, les colles, les solvants, les produits cosmétiques et d’entretien, les encres, les parfums, etc…
Dans l’habitat, ils sont souvent émis à haute dose dans des logements neufs ou rénovés fraîchement peints ou repeints, mais ils peuvent se diffuser encore longtemps après que les habitants aient emménagé. Les produits de nettoyage non écologiques sont aussi une source importante de COV.

La diminution de la pollution intérieure passe par une sensibilisation des architectes et de tous les corps de métiers actifs dans le bâtiment, mais aussi par une prise de conscience de chacun d’entre nous. Par nos exigences et nos choix de consommation, il est possible d’augmenter sérieusement les parts de marché des produits naturels et par conséquent de diminuer drastiquement les pollutions environnementales.

Irritants et cancérogènes

Les COV peuvent avoir des effets irritants ou cancérigène selon les molécules incriminées. Les composés les plus préoccupants sont le formaldéhyde, les éthers de glycol et les hydrocarbures (benzène, toluène, etc).
Les effets immédiats se traduisent généralement par une réaction aux mauvaises odeurs, une irritation des muqueuses (yeux, nez, gorge) et des maux de tête. Les polluants peuvent également provoquer la toux ou de sérieux troubles respiratoires. Une exposition continue aux COV peut engendrer à long terme de graves affections respiratoires (asthme,..) et des cancers, mais il peut s’avérer difficile d’identifier la ou les molécules responsables.
Comme dans bien d’autres cas, les personnes les plus à risque sont les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées.



Mesurer les COV

Il existe des petits appareils de mesure permettant des diagnostics rapides et fiables. Le tube COV par exemple est un capteur passif qui peut déceler la présence des 20 perturbateurs les plus fréquents. On le place au minimum durant 7 jours dans une pièce, avant de l’envoyer au laboratoire pour analyse (désorption thermique, chromatographie en phase gazeuse et spectrométrie de masse).
La détection de formaldéhyde est facilitée par un testeur passif capable d’enregistrer sa concentration dans l’air ambiant en deux heures à peine (modification colorimétrique liée à des réactions enzymatiques).
Si la pose des capteurs peut être facilement effectuée par le propriétaire, les analyses et interprétations des résultats sont réalisées par un laboratoire et/ou un spécialiste agréé.

Comment assainir?

  • Aérer. Une ventilation adéquate et régulière des locaux permet de renouveler l’air ambiant et d’évacuer les polluants qui s’y accumulent. Ouvrir la fenêtre des pièces d’habitation durant quelques minutes par jour est déjà une mesure simple et efficace. Elle n’est toutefois pas recommandée dans les logements neufs et très bien isolés pourvus d’un système de ventilation controlée (VMC).
 
  • Choisir des matériaux et produits naturels. Durant la construction, la rénovation et/ou l’ammeublement de son logement, il vaut mieux privilégier autant que possible les matériaux et produits naturels afin de limiter l’introduction de polluants. On évitera donc les isolants et les peintures synthétiques, les meubles en panneaux de particules, les sols vitrifiés et/ou stratifiés, etc. Dans le cas d’une rénovation, se débarrasser des polluants présents dans les anciens matériaux et les vieilles couches de peintures n’est pas chose facile: une bonne raison d’être attentifs aux produits utilisés dès le départ! Notons encore qu’un produit naturel n’est pas forcément inoffensif. L’essence de térébenthine, issue du pin, est un solvant naturel qui peut également incommoder des personnes sensibles.
 
  • Eviter les produits nettoyants de synthèse. Les produits d’entretien courant contiennent souvent un cocktail important de COV dont on se passerait volontiers. Il existe heureusement aujourd’hui une large gamme de produits certifiés (Bio ou Ecocert) qui permettent d’entretenir sainement son logement. Et n’oublions pas que l’eau reste le meilleur agent nettoyant qui soit!

D’autres solutions d’assainissement comme les plantes dépolluantes et les parfums neutralisants (aromathérapie) sont couramment proposés, mais leur efficacité n’est pas clairement démontrée. Quoi qu’il en soit, elles ont le mérite de contribuer au bien-être des habitants et de compléter la palette des remèdes envisageables.

Les bonnes lectures


Formaldéhyde à l’intérieur des locaux. Informations et conseils au consommateur. Brochure de l’Office fédéral de la santé publique OFSP

Un air sain chez soi. Des solutions et des pratiques pour améliorer la qualité de l’air intérieur. Publication de l’ADEME, 2012

Les liens utiles

  • www.polluantshabitat.admin.ch : L’office fédéral de la santé publique livre des informations sur la pollution à l’intérieur des bâtiments.
  • www.air-interieur.org : Organisme français, l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur a pour mission de mieux connaître et d’informer sur les pollutions intérieures et leurs origines

Les pros

  • LabTox SA – 90 rue des Prés – 2503 Bienne – 032 481 35 38. Laboratoire spécialisé dans les analyses de substances toxiques du bâtiment, notamment l’amiante, le radon, les PCB et les COV – www.labtox.ch
  • Diagnostic R – Stanislas De Froment – Montée du Village 4 – 1357 Lignerolle – 024 441 41 60. Entreprise active dans la qualité de l’air intérieur, elle vous conseille sur le radon, l’humidité et les polluants intérieurs – www.diagnostic-r.ch