La maçonnerie de briques monolithique

Les matériaux écologiques

La maçonnerie de briques monolithiques

Du béton à la brique

La maçonnerie de briques monolithique est une technique de construction qui utilise du béton cellulaire, mais également des briques en terre cuite ou crue avec une couche de finition de chaque côté du mur. Elles peuvent également être revêtues d’isolation. Cette technique est appelée « monolithique » par comparaison avec des techniques de construction en plusieurs couches.

Le béton cellulaire

Le béton cellulaire est un matériau de construction destiné au gros œuvre. Il est composé de matières naturelles : eau, sable, ciment, chaux et d’un agent d’expansion (la poudre d’aluminium) pour lui donner ses propriétés aérées.

Sa première caractéristique est d’être un matériau idéal pour les constructions neuves, les transformations et les rénovations.

Le béton cellulaire présente les caractéristiques suivantes :

  • Isolant thermique et protection contre la chaleur
  • Ininflammable
  • Matériau massif, donc très résistant, mais léger
  • Propriété d’insonorisation
  • Facilité d’utilisation
  • Résistant aux intempéries et économique
  • Réfractaire aux algues et aux champignons

En pratique

Le béton cellulaire se présente sous forme de blocs, qui vont de 12.5 à 50 cm d’épaisseur, très faciles à mettre en œuvre. Ces différents éléments sont scellés entre eux grâce à un mortier de colle spécial. Certains peuvent même se clipser les uns aux autres.

Ce matériau est utilisé en construction pour des travaux de type mur de façade, mur intérieur porteur ou cloison non porteuse, en intérieur comme à l’extérieur. Il est préconisé pour tous types de constructions à savoir les maisons individuelles, les immeubles d’appartements ou de bureaux, les garages, les magasins, les écoles ainsi que les hôpitaux et les bâtiments industriels. 

Une des propriétés intéressantes du béton cellulaire est sa légèreté qui le rend facile à transporter et à manipuler. Il se révèle être aussi un excellent isolant thermique capable de gérer des variations de température. Il est également quasiment ininflammable. En revanche, sa simplicité d’utilisation s’avère aussi friable, donc assez fragile, ce qui peut rendre sa pose délicate.

La brique mono mur (terre cuite)

C’est une brique d’argile (ou terre cuite), mais bien plus épaisse que la brique classique alvéolaire. Elle est composée d’un empilement de feuillets fins qui forme de multiples alvéoles remplies d’air. L’argile étant disponible presque partout, il devrait être possible d’éviter les transports sur de longues distances, à condition de trouver un fabricant dans la région.

Ce matériau permet de réaliser des murs à la fois porteurs et isolants. Ceux-ci sont parfaitement perspirants (perméables à la vapeur d’eau). On obtient une très bonne inertie thermique (capacité du mur à stocker de la chaleur et donc à réguler la température intérieure). Ce matériau permet de retrouver la qualité thermique d’un vieux mur en moellons tout en respectant les exigences d’isolation thermiques actuelles, ce qui amène un vrai confort de vie en été. Le principal inconvénient réside dans l’énergie grise consommée par la cuisson de l’argile à une température de 1000 degrés environ.

En pratique

Ce matériau permet de réaliser les murs porteurs de diverses constructions. On ne peut donc pas l’utiliser pour isoler un mur existant.

La brique mono mur s’utilise comme une brique classique, mais sur une plus grande épaisseur (env. 50 cm). Elle n’a donc pas besoin d’isolant en complément, car elle renferme déjà leur isolant dans leur matérialité et leur épaisseur. On utilise un mortier isolant spécial ou une colle afin d’éviter les ponts thermiques au niveau des joints. Les murs peuvent être recouverts de divers enduits, mais toujours bien perméables à la vapeur.

Depuis peu, il existe également sur le marché une brique mono mur qui est isolée dans les alvéoles. Elle s’apparente à une brique mono-mur, mais en plus fine. De surcroît, l’isolant est en laine de mouton.

N’oublions pas également la brique alvéolaire de terre cuite qui, elle, doit être isolée pour répondre aux normes actuelles.

La brique en terre crue et le pisé

Les blocs de terre crue

Il s’agit en réalité non pas de terre, mais surtout d’argile dont on fait des briques. Celles-ci sont séchées, mais pas cuites. Il existe des fournisseurs comme TerraBloc basé à Genève (lien sur leur fiche membre), mais on peut également fabriquer ces briques à l’aide de moules si on dispose d’un bon gisement d’argile et de temps pour le façonnage et le séchage. C’est une technique très écologique, car elle évite la consommation d’énergie due à la cuisson. De plus, on utilise souvent l’argile que l’on trouve directement sur le chantier ou à proximité. Les murs réalisés sont très perspirants et peuvent même être utilisés comme régulateurs naturels d’humidité dans la maison.

En pratique

On utilise souvent cette technique très esthétique pour des murs intérieurs, mais il est tout à fait possible de réaliser des maisons entières. Il faut alors veiller à protéger les murs de l’humidité du sol et des intempéries. Les murs sont assemblés de la même façon qu’un mur de briques conventionnel.

Les blocs de terre compressés Terrabloc

Deux jeunes professionnels du bâtiment, l’un architecte, l’autre ingénieur, ont décidé de redonner ses lettres de noblesse à la terre crue, dans une optique résolument moderne et tournée vers l’avenir. Un processus de compactage à l’aide d’une presse hydraulique permet d’obtenir des blocs de terre compressée (btc) dotés d’excellentes propriétés en matière de résistance mécanique, de durabilité et d’inertie thermique. De quoi concevoir des habitats naturels et sains, donnant la sensation de vivre en pleine harmonie avec son environnement.

Le pisé, un mode de construction en terre crue

C’est une méthode traditionnelle qui utilise de la terre, en général récoltée sur place. On la tasse manuellement dans un coffrage qui sera ensuite enlevé. On peut aussi mélanger de la paille à la terre et utiliser des branches pour constituer un squelette (technique du torchis). Le mur de pisé est très solide et peut supporter plusieurs étages. Il est toutefois très sensible à l’humidité et doit être protégé des intempéries ; son utilisation est donc préférable pour la construction de murs intérieurs. En ajoutant de la paille à la terre, on améliore les qualités isolantes du mur. Ces murs sont parfaitement perspirants (perméables à la vapeur d’eau).

En pratique

C’est une méthode traditionnelle autrefois utilisée pour les fermes qui peut être remise au goût du jour pour des maisons familiales et elle convient également pour l’auto-construction.
On choisit soigneusement la terre qui doit être assez argileuse et pas trop caillouteuse. Le coffrage se fait de la même manière que pour le béton, mais le mur doit pouvoir sécher longuement après le décoffrage.

Les fondations doivent isoler le pisé de l’humidité du sol.

Les matériaux utilisés ne coûtent presque rien : ils sont prélevés si possible directement sur le chantier. C’est ici la main-d’œuvre qui représente l’essentiel du coût.

Le pisé mécanique

Photo: Pittet artisan, ici pisé moderne sur maison en paille

Aujourd’hui, on utilise de plus en plus ce procédé moderne de mise en œuvre consistant à acheminer de la terre sèche dans un tuyau relié à un compresseur. La terre est ainsi violemment projetée contre un seul coffrage. À la sortie du tuyau, elle est humidifiée en une fraction de seconde, lui donnant son état plastique idéal. C’est un procédé dérivé de la projection par voie sèche du béton de ciment dans les tunnels et sur les talus.
Le pisé, ainsi projeté mécaniquement, peut alors être armé, ouvrant de nouvelles perspectives quant à la résistance à la traction ou pour du parasismique.

Et encore

Pour aller plus loin

Les bonnes lectures

Les sites et plateformes

  • www.lignum.ch: organisation suisse pour la promotion du bois. Foule d’information concernant la promotion de matériaux en bois et sur les forêts suisses.

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