Les plantes dépolluantes

Entre info et intox

Depuis quelques années, la mode est aux plantes dépolluantes. Pas un garden-centre, pas une jardinerie en ligne qui ne propose sa palette de Chrorophytum, de Dracaena, de Ficus ou encore d’Anthurium, … autant de végétaux censés nous débarrasser des polluants invisibles de nos appartements.








Ces plantes sont-elles réellement efficaces?

Depuis plus de 30 ans, des scientifiques du monde entier se penchent sur la question. Les premières recherches ont été lancées par la Nasa afin de tester l’efficacité de certaines plantes à épurer l’air confiné des navettes spatiales. Les études ont porté et portent encore principalement sur le monoxyde de carbone (CO) et les composés organiques volatils (COV) dont le formaldéhyde et le toluène.

En France, un vaste programme de recherche baptisé Phytair a été lancé par L’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) en 2004, en collaboration principalement avec la faculté de pharmacie de Lille et l’association Plant’Airpur. Voici le point actuel des résultats:

  • En laboratoire (espace confiné), les plantes sont effectivement capables d’épurer certains polluants gazeux présents en forte concentration. L’absorption se fait par les feuilles ou par les racines via le substrat (terre). Les polluants absorbés sont soit stockés soit dégradés par la plante. L’épuration par les racines s’avère plus efficace que par les feuilles car les microorganisme du substrat entrent en jeu: ils dégradent les polluants et facilitent leur assimilation par les plantes.
  • En espace réel, l’efficacité dépolluante des plantes n’a pas pu être démontrée à l’échelle d’une chambre ou d’un bureau. Les grands volumes d’air à épurer, la faible concentration des polluants et la variabilité des paramètres (humidité, t°C, etc) rendent les études plus difficiles et les résultats peu probants. De nouvelles recherches, davantage prometteuses, s’orientent aujourd’hui sur l’impulsion forcée de l’air à travers le substrat des plantes.

Les végétaux comme source de bien-être

Quoi qu’il en soit, d’autres études portant sur l’impact des plantes sur le psychisme humain prouvent que les végétaux augmentent le bien-être et la productivité au travail, tout en diminuant le stress. Dans les hôpitaux, il est aussi apparu que les patients dont la chambre donne sur un parc ou un jardin riche en biodiversité guérissent mieux et plus rapidement que ceux dont les fenêtres n’offrent que du béton.
Toutes ces raisons encouragent à s’entourer de végétation dans la maison, mais quelques recommandations s’imposent :

  • choisissez des plantes faciles à vivre. Certaines plantes comme les fougères sont difficiles à maintenir dans une atmosphère trop sèche et trop froide.
  • bannissez les produits chimiques (biocides, engrais) pour leur entretien.
  • si vous êtes sujet aux allergies, sachez que certaines plantes et ou champignons vivant dans le substrat peuvent provoquer des réactions allergiques.

Les bonnes lectures


Pollution intérieure: quel potentiel d’épuration par les plantes? Bulletin n°2 de l’OQUAI, Observatoire de la qualité de l’air intérieur, 2010

Les liens utiles

  • www.plantairpur.fr : L’association Plant’airpur promeut l’usage des plantes dépolluantes en s’appuyant sur des recherches scientifiques et informe sur le programme Phytair
  • www.air-interieur.org : Organisme français, l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur a pour mission de mieux connaître et d’informer sur les pollutions intérieures et leurs origines